LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE

Nous sommes prêts et archi-prêts, il ne manque pas à notre armée un bouton de guêtre - Général Lebœuf août 1870

<= L'armée française de l'été 14


Au début napoléon III n'était nullement opposé à l'unification allemande, pas plus qu'il n'était opposé à celle de l'Italie. Lors de la guerre entre la prusse et l'Autriche en 1866, Napoléon III adopte une attitude de neutralité bienveillante, en dépit des avertissements de Thiers. Aprés la victoire prusienne à Sadowa en 1866, L'autriche est refoulée dans les Balkans, et la Prusse parvient à créer une confédération d'Allemagne du nord sous sa coupe. 

Bismarck avait promis à Napoléon III de rester neutre au cas où la France viendrait à occuper la Belgique ou le grand duché du Luxembourg. En 1867 Napoléon III propose le rachat du Luxembourg au souverain Guillaume III des Pays-Bas, qui se révèle favorable à la cession mais préféra s'assurer auparavant de l'approbation de la Prusse. Bismarck rendit alors public les pourparlers, entraînant une violente réaction de l'opinion publique allemande (la province du Luxembourg avait donné trois empereurs au saint empire et les allemands considéraient cette terre comme germanique). On mobilise en France et en Prusse. La guerre est évitée avec le deuxième traité de Londres où la France renonce à ses prétentions territoriales sur le grand duché. L'antagonisme entre la France et la Prusse en sort attisé, d'autant plus que Napoléon III comprend que Bismarck s'est joué de lui. 

Ainsi au nom du droit des peuples à disposer d'eux même prôné par l'empereur des français, l'Allemagne avait été réunie sous la coupe d'une dynastie militariste, agressive et ennemie de la France. 

La tension avec le Prusse ressurgit lorsque Léopold Hollenzollern se porte candidat au trône d'Espagne, vacant depuis deux ans. Pour Napoléon III c'est inacceptable. En dépit du retrait de la candidature du prince, le gouvernement de français est pressé par les belliqueux de tous bords et demande un engagement écrit de retrait définitif ainsi qu'une garantie de Guillaume 1er. Le Roi de Prusse confirme la renonciation de son cousin sans se soumettre à l'exigence française.

Cependant, pour Bismarck, une guerre contre la France est le meilleur moyen de parachever l'unification allemande, d'autant plus qu'il est bien informé de la situtation de l'armée française, peu préparée à une guerre européenne et démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique. La version dédaigneuse qu'il fait transcrire dans la dépêche d'Ems de la réponse polie qu'avait faite Guillaume 1er confine au soufflet diplomatique pour la France d'autant plus qu'elle est diffusée à toutes les chancelleries européennes et publiée dans la presse allemande. Bien que tous deux favorables à la paix, Napoléon III et Guillaume 1er se laissent déborder, les foules allemandes s'embrasent de passion anti-française, tandis que la presse et la foule parisienne réclament la guerre. S'il veut garder son trône, fondé sur le plébiscite, et affaibli par ses échecs internationaux antérieurs, et malgré les avertissements de Thiers et de Gambetta, Napoléon III n'a pas le choix. Il décréte la mobilisation le 15 et déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870.

La France est cependant sans alliés. L'Angleterre qui connait les prétentions de Napoléon III sur la Belgique ne se soucie que de la neutralité de cette dernière. Les états allemands du sud n'étaient pas neutres comme le pensait l'empereur, mais avaient signé un traité de soutien avec la prusse et la confédération d'Allemagne du nord. La Russie souhaite que le conflit reste localisé et n'ait pas de conséquence sur la Pologne, l'Italie demande le retrait des troupes françaises des états pontificaux avant toute intervention (l'évacuation a lieu trop tard, le 19 août), l'Autriche malgré la bonne entente entre les deux empereurs n'est pas prête et demande un délai avant une éventuelle association à une victoire française. La déclaration de guerre française soude de plus les états allemands derrière le Prusse. 

Carte du mouvement des armées


La bataille des frontières: Elle se déroule du 1er août au 2 septembre. L'armée du Rhin comprend 26 divisions d'infanterie et 12 divisions de cavalerie disponibles dans l'est: Ier Corps Maréchal Mac Mahon (Strasbourg),  IIe Corps Général Frossard (St Avold),  IIIe Corps Maréchal Bazaine (Metz), IVe Corps Général Ladmirault (Thionville), Ve Corps Général Failly (Bitche), VIe Corps Maréchal Canrobert (Chalons), VIIe Corps Général Douay (Belfort), Garde impériale Général Bourbaki (Nancy). Cette armée est disposée en cordons le long de la frontière en Alsace et en Lorraine.

Troupes aux Tuileries:

Troupes aux tuileries

L'armée française dispose aussi du XII° corps, chargé de la surveillance de la frontière espagnole, des XIII° et XIV° corps en formation à Paris avec des unités laissées en dépôt, de troupes de Marine, de l'armée d'Afrique et de troupes gardant les places fortes.

En conséquence de l'impréparation, les premières batailles sont une succession de défaites et de victoires inexploitées. Aprés les défaites parallèles de Forbach et de Woerth le 6 août, l'armée est scindée en deux: l'armée du Rhin de Bazaine, et l'armée d'Alsace de Mac-mahon. L'armée du Rhin (II°, III° et IV° corps ainsi qu'une brigade égarée du V° corps) doit se replier sur Metz où elle est rejointe par le VI° corps, et aprés plusieurs batailles indécises, elle se fait encercler dans la place. 

Combats de Wissembourg - 4 août 1870

Combats de Wissembourg 4 août 1870

Bataille de Woerth-Froeschwiller - 6 août

bataille de Woerth Froeschwiller 6 août

La charge de Morsbronn - Edouard Détaille

La charge de Morsbronn

Bataille de Spickeren-Forbach:

Bataille de Spickeren Forbach 6 août

Bataille de Borny - 14 août

Bataille de Borny 14 août

Bataille de Rezonville - 16 août

Bataille de Rezonville 16 août

La ligne de feu le 16 août

Bataille de Saint-Privat - 16 août

Bataille de Saint Privat 18 août

Combats au cimetière de Saint Privat - Alphonse de Neuville

Combats au cimetière de Saint-Privat

L'armée d'Alsace se replie vers l'ouest avec les Ier, V° et VII° corps. Elle est rejointe par le XII° corps venant du sud ainsi que par l'empereur. Sa route vers Sedan est révélée aux généraux allemands par les journaux français! Elle est prise au piège à Sedan le 1er septembre et doit capituler le 2.

L'Armée française a eu en effet la mauvaise idée d'acheter des munitions à la manufacture belge de Herstal, en omettant le fait que le Kronprinz était un des actionnaires de cette manufacture. Les commandes de munitions n'arrivent pas à temps à Sedan. À court de munitions, Napoléon III se rend pour éviter un carnage. Fait prisonnier il laisse aux prussiens 39 généraux, 100 000 soldats, 650 canons, entre 6 000 et 10 000 chevaux, 553 pièces de campagne et de siège, 66 000 fusils. Le glas de l'empire a sonné.

Bataille de Beaumont le 30 août:

Bataille de Beaumont le 30 août

Bataille de Sedan - 1er septembre:

Bataille de Sedan le 1er septembre

Napoléon III fait prisonnier:

Bismarck et Napoléon III aprés la bataille de Sedan:

Bismarck:

Bismarck


La guerre de la république: La république est proclamée le 4 septembre par Gambetta, tandis que l'impératrice Eugénie ne doit son salut qu'à des personnalités étrangères qui organisent sa fuite à Londres. Une simple dépèche envoyée aux préfets, et le régime s'effondre sans un coup de feu, sans résistance.

Proclamation de la république:

Proclamation de la république

Dépêche envoyée au préfets:

La situation est critique. Une armée est prise au piège dans Metz sans espoir de secours, une autre est prisonnière des prussiens. Seules quelques fractions de l'armée impériale échappées du désastre et les unités de dépots forment le noyau de l'armée républicaine en formation. Le 29 octobre Bazaine capitule dans Metz, alors qu'il aurait pu tenir et livre aux prussiens 3 maréchaux, 6 000 officiers, 180 000 soldats, 1 660 canons, 278 000 fusils, 3 millions d'obus et 23 millions de cartouches (il sera condamné à mort aprés la guerre, avec dégradation militaire, sentence commuée en 20 ans de détention). Il ne reste désormais quasiment plus rien de l'armée impériale. 

Le général Trochu et Gambetta tentent de réorganiser l'armée, qui se bat vaillamment et arrive parfois à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire. Mais elle est contrainte de reculer. L'armistice est signée le 28 janvier 1871, 10 jours à peine aprés le couronnement dans la gallerie des glaces à Versailles de Guillaume 1er, désormais empereur des allemands. La stratégie de Bismarck est une réussite totale. L'allemagne Bismarckienne va dominer seule l'Europe continentale pendant trente ans. 

Contrôle des ambulances au cours des combats de l'armée de la Loire

Contrôle des ambulances par les prussiens

Volontaires de l'armée de l'ouest au bivouac

Volontaires de l'armée de l'ouest

Bataille de Champigny d'Aprés Neuville:

Couronnement de Guillaume 1er à Versailles:

Proclamation du reich 1871

Avec le traité de Francfort la France doit restituer à l'Allemagne les territoires annexés par Louis XIV en 1681 (haut-Rhin sauf Belfort, Bas-Rhin, une grosse partie de la Meurthe et de la Moselle, et une petite partie des Vosges, ainsi que Metz, et payer une indemnité de 5 milliards de francs-or. Les troupes allemandes occupent une partie du territoire jusqu'au paiement intégral de celle-ci, en septembre 1873.

Fontenoy sur Moselle - Monument aux francs-tireurs de l'avant-garde et aux victimes de la guerre de 1870

Monument aux francs-tireurs et aux victimes de la guerre de 1870

Fontenoy sur Moselle: occupé et incendié par les prussiens qui reprochaient aux villageois d'avoir participé à la destruction d'un pont de chemin de fer

Fontenoy sur Moselle