LA CRISE DE JUILLET 1914

<= L'armée française de l'été 14


Déroulement des événements: L'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, est allé en Bosnie assister aux manoeuvres des XV° et XVI° corps autrichiens, en sa qualité d'inspecteur général des armées. Il doit être reçu solennellement le 28 juin 1914 avec sa femme par la mairie de Sarajevo, aprés la revue des troupes. C'est là qu'ils furent assasinés par Gravilo Prinzip, membre de la main noire, société secrète serbe. La nouvelle fait le tour du monde en quelques heures et partout on est conscient que cet attentat ne peut rester impuni.

Arrivée de François Ferdinand à Metkovic pour assister à des manoeuvres - 25 juin 1914

Arrivée de François-Ferdinand à Metkovic

François-Ferdinand abattu avec son épouse:

François-Ferdinand abattu avec son épouse

Les cataflaques sur lesquels reposent les corps de l'archiduc et de son épouse sont exposés dans une chapelle ardente à Sarajevo:

Les corps de l'archiduc et de son épouse exposés

A Vienne, ce meurtre fut presque considéré comme un débarras, il n'y eut même pas de journée de deuil national, et l'enterrement des époux fut indigne. Mais pour François-Joseph, ce fut l'occasion de lancer les représailles contre la Serbie, accusée d'être à l'origine du crime, et de se débarasser ainsi de ce foyer pro-slave dans les Balkans.

L'enchainement ve se dérouler très vite. Le 5 juillet, l'Allemagne assure son soutien inconditionnel à François-Joseph. Le 23 juillet, la double monarchie lance un ultimatum (grossier et insultant au demeurant) en dix points à la serbie, aprés concertation avec l'Allemagne. Le 24 la Russie décréte la mobilisation pour les régions militaires d'Odessa, Kiev, Kazan et Moscou, ainsi que pour les flottes de la baltiques et de la mer noire. Le 25 la Serbie mobilise elle aussi. La serbie accepte les points de l'ultimatum, mais pas que les autorités Autrichiennes puissent enquêter en Serbie. 

Manifestation de soutient à l'Autriche à Berlin en juillet 1914

Manifestation de soutient à l'Autriche

Le 28 l'Autriche Hongrie mobilise partiellement contre la Serbie et lui déclare la guerre. La Russie décrète la mobilisation partielle contre la double monarchie. Le 30 elle ordonne la mobilisation générale contre l'Allemagne, qui proclame "l'état de danger de guerre". La double monarchie ordonne la mobilisation générale le 31. Le kaiser lance un ultimatum au Tsar Nicolas II pour suspendre la mobilisation, et un ultimatum à la France de ne pas soutenir la Russie au cas où celle-ci soutiendrait la Serbie. La France répond qu'elle agirait selon ses intérêts. Devant le refus russe, l'Allemagne décrète la mobilisation générale et déclare la guerre à la Russie le 1er août. 

En France, la mobilisation générale a lieu ce même jour, 1er août, où l'allemagne envahit le Luxembourg et adresse un ultimatum à la Belgique pour laisser libre passage à ses troupes. Le 3 août la Belgique rejette l'ultimatum allemand. L'allemagne déclare alors la guerre à la France (en prétextant le survol et le bombardement de Nuremberg par un avion français), puis à la Belgique où les troupe du Kaiser entrent le jour même.

2 août, la foule devant les affiches de mobilisation:

Le Royaume-uni, pourtant trés divisé sur la question, mais qui veut garantir la neutralité belge, ordonne à l'Allemagne de retirer ses troupes. Déjà le 1er août Winston Churchill avait fait mobiliser la Home Fleet pour pouvoir venir en aide à la France. N'ayant aucune réponse, le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne le 4 août. Le 6 août la double monarchie déclare la guerre à la Russie aux cotés de l'Allemagne. Le 11, la France déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie, suivie par l'Angleterre le 13.  

Prétextant que la guerre des deux kaisers était une guerre d'agression, la Roumanie et l'Italie proclament leur neutralité.

Le 23 août le Japon offre son appui aux alliés et déclare la guerre à l'Allemagne. Le 1er novembre l'empire ottoman se joint aux puissances centrales.

Séance au Reichstag le 4 août 1914: les députés allemands ont voté à l'unanimité les crédits militaires demandés

Séance au Reichstag le 4 août 1914

Défilé de conscrits en Allemagne (gauche) et en France (à droite):

     

Mobilisés attendant le départ pour le front:

Place Saint-François-Xavier le colonel passe en personne la revue des brodequins:

Revue des brodequins

Drapeau du 102° d'infanterie:

Drapeau du 102ème d'infanterie


Le premier mort de la guerre: Le dimanche 2 août 1914, la guerre n'étant pas encore déclarée, le caporal André Peugeot , en poste à Joncherey avec quatre hommes de troupe, aperçoit des cavaliers allemands. Il tenta de les arrêter mais le capitaine Mayer, du 5° chasseurs à cheval, en garnison à Mulhouse, tira trois balles de revolver dont une atteignit le caporal. Celui-ci eut le temps d'épauler son fusil et d'abattre le cavalier. Tout deux moururent. Le caporal André Peugeot a été porté à l'ordre de son régiment pour avoir arrêté et dispersé la première patrouille allemande qui violait le terrotoire français.

André Peugeot et le monument élevé à sa mémoire à l'endroit précis où il tomba:

Caporal André peugeot et monument commémoratif


Conclusion: Il apparait que si l'Allemagne n'a pas souhaité sciemment la guerre, elle a tout de même pris le risque calculé d'une guerre qui pouvait s'étendre à l'Europe entière, et n'a guère cherché à empêcher le développement fatal. Dans les derniers jours de la crise, ce n'est plus le chancelier Bethmann-Hollweg qui craignait pour la couronne des Hohenzollern et la survie du Reich, mais l'état major qui domine les décisions des gouvernants eux même. Il précipita la guerre à cause du plan Schlieffen qui prévoyait l'anénatissement de la France avant celui de la Russie, et que tout retard permettait aux russes d'accroitre leurs prépératifs.