LES ÉCOLES MILITAIRES ET LA FORMATION DES CADRES

<= L'armée française de l'été 14


A l'issu de la guerre de 1870, la France va faire un gros effort pour mieux former ses officiers. En 1914 prés de la moitié des officiers sortent des grandes écoles militaires. Les officiers de l'infanterie et de la cavalerie sont formés à l'école militaire spéciale de Saint-Cyr, ceux du génie et de l'artillerie à Polytechnique. Les officiers supèrieurs sont formés à l'école supérieure de la guerre (créée en 1880 pour remplacer l'école d'état-major), laquelle est accessible par concours aux capitaines sortant des deux grandes écoles militaires de Saint-Cyr et Polytechnique. En 1910 est créé un centre des hautes études militaires pour donner à l'élite des officiers une formation de trés haut niveau les préparant aux commandements élevés.

L'autre moitié des officiers se recrutent parmi les sous-officiers, soit directement à partir du rang, soit à partir des différentes écoles d'armes: Saint-Maixent pour l'infanterie, Saumur pour la cavalerie, Versailles pour le génie et l'artillerie. Il s'agit là de quelque chose de novateur.

Créé par la loi militaire du 28 juillet 1872, le corps des officiers de réserve est trés conséquent et formé régulièrement lors de périodes d'instructions (tous les deux ans). Constitué par l'élite du pays, il fournira 70000 officiers en 1914.

Il résulte de ces recrutement que le corps des officiers a un profil plutôt "démocratique" qu'il n'a pas toujours eu.


Saint-Cyr: Son but est de donner des officiers à l'infanterie, la cavalerie et l'infanterie de marine

saint-cyriens lors du début de leur instruction - école d'escouade:

Entraînement à l'escrime: les élèves d'infanterie s'exercent au fleuret, ceux de cavalerie au sabre et au fleuret

saint-cyriens dans la salle de jeux:

Leçon d'hippologie:

Départ pour la manœuvre:

garde d'honneur en grande tenue de service:

La promotion "Croix du Drapeau": Elle sort le 30 juillet 1914. Ses 536 nouveaux promus officiers vont directement au feu. Avant de partir au front, ils prêtent serment, selon la tradition militaire, d’aller au feu en gants blancs, mais surtout de conduire la troupe avec le fameux « caso » fixé au képi. De cette promotion, un nombre jamais égalé, plus de la moitié – 291 officiers – sont tombés au champ d’honneur. L’histoire retient l’exemple du sous-lieutenant de Fayolle, 23 ans, conduisant sa section à l’assaut le 22 août 1914. Sa troupe est épuisée, fixée par le feu ennemi, les hommes n’avancent plus. Calmement, il enfile ses gants blancs, fixe le casoar à son képi et leur dit « Et maintenant, allez-vous me suivre ? » Ils s’élancent, lui tombe. Fayolle est cité à l’ordre de l’armée, son héroïsme fait les unes de la presse. 


Polytechnique: La poule aux oeufs d'or selon l'empereur Napoléon 1er, le rêve de toutes les mères selon Flaubert. Cette école généraliste (déjà appellée l'X à l'époque, et ses candidats suivant les classes de mathématiques spéciales aprés le baccalauréat des taupins) forme des cadres pour les différents services de l'état, que ce soit dans le civil (ingénieurs des ponts et chaussées, des manufactures, etc.) ou dans l'armée (génie, artillerie, marine, construction navales, etc.).

Polytechniciens en tenue:

Polytechniciens

Dans une salle d'études

Salle d'étude

Grande cour - Salles de billard et d'escrime:

grande cour de l'école polyetchnique

Trois anciens de Polytechnique réunis dans la cour de l'école en 1923: les maréchaux Joffre (promotion 1869), Foch (promotion 1871) et Fayolle (promotion 1873), devant le monument aux morts de 1814

Trois anciens de l'école en 1923 - Joffre, Foch et Fayolle


Dix-neuvième promotion de l'école de guerre 1893-1895 - Supplément illustré du petit journal Dimanche 8 décembre 1895: ces officiers viennent d'obtenir le brevet d'état-major


Source: L'armée française de l'été 1914 - Henri Ortholan ; Jean-Pierre Verney - Bernard Giovanangeli Editeur - 2004
Album militaire
Le monde moderne 1899

Annexe - Le Duel: Selon l'Almanach du drapeau de l'année 1900, le duel n'est pas démodé, il est même moralement autorisé et dans certains cas obligatoire:

Régles du duel - almanach du drapeau 1900