LES  MITRAILLEUSES

<= L'armée française de l'été 14


Les mitrailleuses sont des armes à tir automatiques, donc dans lequelles les opérations de l'armé, chargé, percussion, extraction, éjection, s'exécutent sans le concours du tireur, qui n'a plus qu'à faire l'action du doigt sur la détente. En 1914, l'armée française est équipée de deux modèles: le modèle de saint étienne 1907 (le plus largement employé) et le modèle hotchkiss 1914 (plutot en usage dans les places et ouvrages fortifiés). Chaque régiment d'infanterie d'actif ou de réserve posséde deux ou trois sections de mitrailleuses, transportées sur animaux de bât, et composés chacunes de deux mitrailleuses.
 

Chaque section de tir comprends un lieutenant (chef de section), un sergent adjoint, deux caporaux (chefs de pièces), deux tireurs, deux chargeurs, deux aides chargeurs, un télémétreur, un armurier. Chaque section est approvisionnée de 6 caisses de 300 cartouches, soit 10800 cartouches sous forme de bandes-chargeurs de 25. Le train de combat possède 21900 cartouches de réserves. une autre réserve de munitions sont stockées au parc de corps d'armée et au grand parc. 

Dans un tir bloqué, la profondeur du groupement est trop restreinte, et une erreur minime dans l'appréciation des distances donne un résultat quasi-nul au tir. D'où la nécessité de disperser le tir en direction (en agissant sur  la poignée) et en portée (grâce au volant de pointage et à la hausse). 


Utilisation tactique: Sur le terrain le colonel décidait de l'attribution des sections de mitrailleuses aux différents bataillons. 

Au début de son emploi, la mitrailleuse fût considérée comme une arme défensive, donc de position. Ce n'est que plus tardivement que fût considéré son rôle offensif. En 1914, la conception offensive des mitrailleuses est celle d'un appui direct de l'infanterie (cette conception étant aussi celle de l'artillerie de campagne), comme complément de feu, apte à renforcer les fractions déjà engagées. À proximité de l'ennemi, la section devait marcher comme l'infanterie, de position d'abri en position d'abri, pour attaquer l'ennemi (en créant si possible un effet de surprise par la violence de son attaque) et appuyer les assauts de l'infanterie. Il n'y avait donc pas de tactique spéciale appliquée aux sections de mitrailleuses.

Dans la défensive, les mitrailleuses devaient avantageusement assurer la défense des points d'appui, remplaçant des unités d'infanterie rendues ainsi disponibles pour la manœuvre. Leur rôle était notamment de flanquer les ailes pour contrer tout mouvement débordant de l'ennemi. 

Lors d'une retraite, les sections de mitrailleuses devaient occuper des positions successives de repli, tout en essayant de maintenir l'ennemi à distance. La nuit, les mitrailleuses devaient être utilisées quand on avait une route à barrer, un point de passage forcé (pont, défilé) à surveiller ou une entrée de cantonnement à garder. Dans tous les cas, on devait essayer d'avoir un terrain dégagé et bien connu, repéré avec le plus grand soin. Naturellement le rôle des mitrailleuses dans la défense des places et des forteresses était reconnu comme trés utile.

On s'aperçut au début de la guerre à quel point ces conceptions étaient erronées. Les sections de mitrailleuses, durant les combats, sont réparties dans les bataillons et le plus souvent, sont abandonnées à elles-même. Leur puissance de feu est à peu près perdue dans l'ensemble et si elles se trouvent quelquefois au point voulu, elles sont trop faibles pour amener un résultat décisif. Peu mobiles, les mitrailleuses n'accompagneront jamais les sections dans les mouvements d'infanterie. Lors des attaques à la baïonnette, effectuées de trop loin et sans préparation d'artillerie suffisante, les nids de mitrailleuses allemandes placées en premières lignes firent des ravages dans nos rangs.

Ce n'est qu'avec l'expérience de la guerre que l'emploi des mitrailleuses se fera de façon correcte, c'est à dire conforme à ce que pratiquaient les allemands dés le début de la grande guerre.


La mitrailleuse modèle 1907 dite de Saint-Etienne : Elle fonctionne par emprunt de gaz sur leur parcours dans le canon

Composition: La mitrailleuse de Saint-Etienne 1907 se compose de six parties principales:

Affût trépied modèle 1915 (type omnibus):

Trépied modèle 1915 type omnibus
 
Fonctionnement: Les gaz brulés agissent sur le piston par l'intermédiaire d'un trou percé dans le canon. le piston est ainsi amené en avant tout en comprimant le ressort récupérateur, puis ramené en arrière par ce même ressort. la crémaillère, commandant le mécanisme de culasse, et la tringle, commandant le mécanisme d'alimentation, sont liés au piston qui fait ainsi fonctionner ces mécanismes.
 
Mise en action: La mitrailleuse est servie par un caporal chef de pièce, un tireur et un chargeur.
Pour tirer on effectue les opérations suivantes:
  • armer: en saisissant la poignée d'armement et en la faisant tourner suivant son axe

  • introduire une bande chargeur
  • pointer:
    • disposer la hausse pour la distance correspondant à l'objectif
    • relever le levier de blocage de l'affut
    • pointer alors en direction (poignée de l'arme) puis en hauteur (volant)
    • en cas de tir bloqué, abaisser le levier de blocage sans déranger le pointage
  • disposer le régulateur de vitesse à la direction convenable
  •  tirer: maintenir la pression de l'index durant toute l'action de tir.
Mitrailleuses Saint-Etienne au début de la grande guerre:


La mitrailleuse Modèle 1914 Hotchkiss: Elle devient la mitrailleuse réglementaire de l'armée française à partir de 1915. Elle fonctionne par emprunt des gaz sur leur parcours dans le canon.

composition: La mitrailleuse hotchkiss se divise en quatre parties principales: 

mitrailleuse Hotchkiss

Affût-trépied modèle 1916:

Affût trépied modèle 1916

Fonctionnement: Les gaz brulés agissent sur le piston par l'intermédiaire d'un trou percé dans le canon. Un petit cylindre nommé régulateur permet de régler cette admission. Le piston va ainsi pouvoir commander les mécanismes de culasses (qui réalise le retrait du percuteur, le déverrouillage, l'extraction et l'éjection) et d'alimentation (qui fait avancer la bande de cartouches à chaque coup).
 

 
Mise en action: La mitrailleuse est normalement servie par quatre hommes:

Servants de la mitrailleuse Hotchkiss

Pour tirer on effectue les opérations suivantes:
Bande rigide d'alimentation:

bande rigide d'alimentation

Trépied avec rallonge pour le tir contre avion:

trépied avec rallonge pour le tir contre avion




Sources: Manuel du gradé du gènie - Charles lavauzelles et Cie - 1940
L'infanterie en un volume, Manuel d'instruction militaire - Librairie Chapelot - 1914
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