LES CHEFS DE NOTRE ARMÉE

<= L'armée française de l'été 14


Au début de la grande guerre le ministre de la guerre est Adolphe Messimy. Il est remplacé par Alexandre Millerand lors d'une crise minstèrielle dans la nuit du 26 au 27 août. Le président de la république est Raymond Poincarré.

Adolphe Messimy (à gauche) et Alexandre Millerand (à droite):

        


Joseph Joffre: cf. page sur Joseph Joffre
Edouard de Curières de Castelnau: né en 1851, saint-cyrien, officier d'infanterie, vétéran de 1870, Chef de corps du 37° de ligne à Nancy, puis du 148° à Givet. Promu général, il commande la 24° brigade à Sedan, puis la 7° à Sissonne. En 1911 il devient premier sous-chef d'état-major général de l'armée. En août 1914 il commande la seconde armée.


Augustin Dubail: né en 1851, saint-cyrien, officier d'infanterie, vétéran de 1870, il a commandé le premier régiment de zouaves à Alger. Devenu général il devient chef du cabinet militaire de la guerre, puis de la 14° division d'infanterie à Belfort, enfin du 6° corps à Tour. En août 1914 il commande la première armée.

    


Emmanuel Ruffey: Polytechnicien, officier d'artillerie, il a commandé le 9° régiment d'artillerie à Castres, puis le 13° corps de Clermont-Ferrand. En août 1914 il commande la 3° armée. (ci-dessous, photographie quand il était colonel).


Fernand de Langle de Carry: né en 1849, saint-cyrien, vétéran de 1870, a été chef de corps du 127° de ligne à Valenciennes, puis de la 3° brigade de cavalerie en Algérie, de la 72° brigade à Paris et enfin de la 14° division d'infanterie à Belfort. En août 1914 il commande la 4° armée. 



Charles Lanrezac: né en 1852, saint-cyrien, officier d'infanterie, vétéran de 1870, il a commandé le 119° d'infanterie à Courbevoie, puis prend le commandement de la place supérieure de Reims, celui de la 20° division à Saint-Servan, enfin du 11° corps à Nantes. Officier de trés grande valeur, excellent manoeuvrier, il s'est fait remarquer par son caractére affirmé. Dés 1910 celui-ci s'est d'ailleurs opposé aux idées du colonel de Grandmaison. En août 1914 il commande la 5° armée, avant d'être limogé à cause essentiellement des retours critiques des ordres du GQG, ainsi que de ses mauvaises relations avec les anglais. On peut noter que c'est lui qui a sans doute sauvé l'armée française au soir de la bataille de Charleroi, en donnant l'ordre de retraite pour sauver la V° armée, contre la volonté du GQG. Il n'ira toutefois pas à Limoges, étant mis à la disposition de Gallièni. Celui-ci l'accueille assez froidement au début, mais lui témoignera toute son estime plus tard, quand il aura fait la part des choses.

Ah! comme on comprend les angoisses de ce grand honnête homme, de ce chef habile méconnu, victime expiatoire des fautes du Grand Etat-Major, le général Lanrezac, à qui la postérité rendra un jour une justice éclatante - Jean de Pierrefeu - Plutarque a menti - 1923 - Le plan XVII

Charles Lanrezac     Le général Lanrezac


André Sordet: né en 1852, saint-cyrien, officier de cavalerie, vétéran de 1870, il commande le 23° régiment de dragons, puis le 10° corps à Rennes. Avant guerre il conduit à terme la modernisation de la cavalerie française. En août 1914 il commande le premier corps de cavalerie. Envoyé en Belgique, le corps Sordet retraitera avec les autres et achèvera sa course le 4 septembre prés de Paris, aprés mille cinq cent kilomètres de chevauchée, n'étant plus que l'ombre de lui même. Il sera limogè pour avoir suivi les ordres, et sera remplacé par le général Bridoux. 


Albert d'Amade: né en 1856, saint-cyrien, il entame sa carrière d'officier en Afrique du nord. Sa carrière se déroule en France et dans les colonies (Algèrie, Indochine, Maroc). Au Maroc, pacificateur puis administrateur efficace, il est l'initiateur des goums. En 1912, de retour en France, il commande le 13° corps d'armée, puis le sixième, avant de rentrer au conseil supèrieur de la guerre en 1914. En août 1914 il commande un groupement de quatre divisions territoriales, dit groupement d'Amade, qui se place entre Lille et Maubeuge. Il doit reculer avec le reste de l'armée pour ne se rétablir que le 4 septembre prés de Paris. Il prend part à la bataille de la Marne, avant d'être relevé par Joffre le 17 septembre, remplacé par le général Joseph Brugère

le général Albert d'Amade


Michel Maunoury: né en 1847, vétéran de 1870, il est rappellé de sa retraite pour commander la sixième armée, nouvellement créée le 26 août suite à des redistributions de divisons déjà engagées ou encore disponibles. Il est blessé à la tête par une balle en 1915 et reste aveugle. 

Le général Maunoury


Joseph Gallièni: né en 1849, grande figure de la conquête coloniale, vétéran de 1870, il prend sa retraite en avril 1914. Rappellé par un décret du président de la république du 31 juillet qui le désigne successseur de Joffre en cas de manquement de ce dernier, Il est nommé le 26 août commandant du camps retranché de Paris, qu'il organise. Il aura une grande part de responsabilité dans le déclanchement de la contre-offensive de la Marne. Mort en 1916 le baton de maréchal lui sera attribué à titre posthume en 1921.

    Général Galiéni

Le général Galiéni

La ville de Paris rend hommage à son défenseur - Supplément du petit journal illustré - Dimanche 18 juin 1916:


Ferdinand Foch: Né en 1851, polytechnicien et artilleur, vétéran de la guerre de 1870, élève puis professeur à l'école de guerre (partisan de l'offensive à outrance!). En août 1914 il commande le 20° corps avant de prendre le commandement de la 9° armée, créée le 29 août (il avait fait ses preuves en commandant son armée en Lorraine). Foch devait à plusieurs reprises sortir les troupes françaises de situations difficiles. 

Le maréchal Foch vers 1921

Le maréchal Foch en 1921


Paul Pau: né en 1848, saint-cyrien, vétéran de 1870, il perd sa main droite à la bataille de Froeschwiller. A la réserve en 1913, Joffre le fait sortir de sa retraite pour lui confier l'armée d'Alsace, en remplacement du général Bonneau.Malgré ses succès en Alsace, Pau doit battre en retraite à cause des défaites de Lorraine à Morhange et à Sarrebourg.  Son armée est alors dissoute pour renforcer la sixième armée Maunoury, sur l'aile gauche française. 


Louis Franchet d'Esperay: né en 1856 à Mostaganem, saint-cyrien, il fait ses premières armes lors des campagnes coloniales (Tunisie, Tonkin, révolte des Boxers, Maroc). En août 1914 il commande le premier corps d'armée, puis est nommé à la tête de la cinquième armée en remplacement de Lanrezac. Il se montre à la hauteur de la situation et joua un rôle capital lors de la bataille de la Marne.  


Maurice Sarrail: né en 1856, saint-cyrien, puis élève de l'école de guerre, il dirige l'école de saint-Maixent puis devient officier d'ordonnance du ministre de la guerre. En 1913 il commande le huitième corps d'armée, puis le sixième, corps qu'il commande au début de la grande guerre. Le 30 août 1914, Joffre lui donne le commandement de la troisième armée en remplacement de Ruffey. Limogè en 1915, il ira se battre sur le front d'orient.  



Source:  L'armée française de l'été 1914 - Henri Ortholan ; Jean-Pierre Verney - Bernard Giovanangeli Editeur - 2004
Collection de L'illustration