LE REVOLVER TYPE 1892

<= L'armée française de l'été 14

Adopté en 1892 pour doter l'armée française d'une arme plus moderne, le revolver modèle 1892 adopte un calibre de 8mm pour s'uniformiser avec le calibre du fusil Lebel. Seule particularité par rapport aux autres: le barillet bascule à droite, alors que d'habitude il bascule toujours à gauche. En effet, les cavaliers tenant le sabre à la main droite et le revolver à la main gauche, cette disposition s'imposait... C'est une arme à simple ou double action. En 1914 cette arme équipait toute l'infanterie, les troupiers des autres armes recevant parfois des revolvers type 1873 de calibre 11mm.


Le revolver se compose de six partie principales:

Vue du coté droit, barillet abattu:

 

Vue du coté gauche, platine à découvert:


  • calibre: 8mm
  • poids à vide: 0,84kg
  • poids chargé: 0,915kg
  • longueur: 240mm
  • hauteur: 170mm
  • rayures: 4 au pas à gauche de 240mm
  • vitesse initiale: 218m/s
  • portée pratique: 25m

Le canon: Il est en acier trempé, le calibre est de 8mm avec quatre rayures tournant de droite à gauche au pas de 240mm. Elles viennent se terminer dans la chambre tronconique. Le canon a une partie filetée qui vient se visser dans l'écrou de la carcasse.
Carcasse: C'est dans celle-ci que viennent se fixer les différentes parties de l'arme.
Barillet: Il est en acier trempé, et se compose du barillet proprement dit, du support de barillet et de l'extracteur.

barillet:


Support de barillet: l'axe du barillet est percé sur toute sa longueur pour recevoir l'extracteur.

Extracteur: on appui sur le poussoir pour extraire les cartouches.


Platine: Celle-ci comprend le chien, le grand ressort et la détente.

Chien:

Grand ressort:

Détente:


Garnitures: 

La plaque pontet sert à la fois de plaque de recouvrement et de pontet: Elle est imperdable,et la vis la maintenant est imperdable aussi!

verrou de barillet actionné par la porte:

Porte: Lorsqu'on ouvre celle-ci, le barillet n'est plus maintenu par son verrou ni par l'arrêtoir. On peut donc le rabattre à droite hors de sa cage. De plus, l'action du doigt sur la détente ne permet plus d'armer le chien (seul le barillet tourne alors). On peut armer manuellement le chien, mais il est arrêté dans sa course par la came de la porte et ne peut atteindre la cartouche).


Monture: Celle-ci comprend deux plaquettes en bois de noyer. 



Cartouches: L'étui est en laiton, contenant 0,73g de poudre noire spéciale. La balle se compose d'un noyau de plomb durci et d'une enveloppe de cuivre. Entre les deux une bourre de cire qui repose sur une rondelle de papier mince. Le poids de la balle est de 7,9gr, celui de la cartouche de 12g environ.


Fonctionnement en tir intermittent: On exerce avec le pouce une pression sur la crête du chien pour le ramener en arrière, cela fait tourner le barillet de gauche à droite de 1/6° de tour pour amener une chambre dans l'axe du canon, puis le chien s'immobilise à l'armée, tandis que le barillet se bloque. L'arme est prête à faire feu.

pour faire partir le coup on appui sur la détente, la rotation de celle-ci dégageant son cran de l'armé de celui du chien. Le chien, poussé par le ressort, va lancer son percuteur contre la cartouche. La détente est alors ramenée dans sa position initiale par l'action de la branche de rebondissement du ressort. Et le cycle peut recommencer...


Fonctionnement en tir continu: En pressant la détente, le barrillet se libère, tourne de gauche à droite de 1/6° de tour pour amener une chambre dans l'axe du canon, le chien est entrainé en arrière puis s'immobilise à l'armée, tandis que le barillet se bloque. En continuant à presser la détente, on dégage le cran de l'armé et le chien, poussé par le ressort, va lancer son percuteur contre la cartouche. Et le cycle peut recommencer...


Démontage ordinaire: On dévisse la vis de plaque-pontet, on rabat la plaque-pontet, on enlève la plaquette gauche. La platine étant ainsi découverte, on ouvre la porte et on enlève les pièces de platine dans l'ordre des numèros qu'elles portent. On enlève ensuite le support de barillet, en dévissant dabord sa vis arrêtoir. Le remontage a lieu dans l'ordre inverse.

Cela permet de nettoyer l'arme de façon habituelle. Pour un entretien plus poussé, seul l'armurier de l'unité ou les officiers étaient autorisés à un démontage complet. Il était en revanche absolument interdit de démonter le canon de la carcasse.

Nécessaire pour armes:

Baguette et écouvillon pour revolver:



Sources: L'infanterie en un volume, Manuel d'instruction militaire - Librairie Chapelot - 1914
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